
Santé de la femme
« Ma revendication en tant que femme c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin. »
– Simone Veil
La santé des femmes est une expression parapluie particulièrement vaste, et nous n’avons pas la prétention de pouvoir nous exprimer sur l’ensemble de ses ramifications.
Les sections suivantes présenteront des informations sur nos sujets d’expertise au laboratoire, soit la représentation des femmes dans les études scientifiques, le sexe biologique et le genre, les hormones sexuelles, l’effet des hormones sexuelles sur le cerveau et la santé mentale, le syndrome prémenstruel, la ménopause, la contraception hormonale et le cancer du sein.
Qu’est-ce que le biais sexuel en science ?
Il est bien connu que plusieurs conditions de santé mentale et physique affectent différemment les femmes et les hommes. Par exemple, les femmes sont deux fois plus à risque de souffrir d’un trouble anxieux comparativement aux hommes. Notre compréhension de cette vulnérabilité élevée est toutefois limitée, ce qui peut être en partie expliqué par l’exclusion des femmes dans les études scientifiques. En effet, les sciences biomédicales ont longtemps été orientées vers l’étude du sexe masculin, un phénomène qui renvoie au « biais sexuel ». Ceci se manifeste notamment par l’unique inclusion de sujets mâles ou de participants masculins dans les recherches fondamentales et cliniques.

Un aperçu de la situation
Dans les années 1990, des politiques ont été émises en Amérique du Nord pour soutenir l’inclusion des femmes dans les recherches. Bien que cette régulation ait permis d’amorcer une meilleure représentativité féminine dans divers domaines scientifiques, il n’est toutefois pas possible de se réjouir d’une parité entre les sexes. De 2009 à 2019, les publications en neurosciences et en psychiatrie ont montré une augmentation considérable de l’inclusion des femmes, mais les articles scientifiques portant exclusivement sur des sujets masculins sont toujours neuf fois plus courants que ceux exclusivement féminins.
Bien que les études actuelles comprennent à la fois des sujets féminins et masculins parmi leur échantillon, cela ne garantit pas que les chercheurs se soient intéressés aux effets du sexe. En fait, la majorité des études incluant les deux sexes ne rapportent pas d’analyses selon le sexe. Ainsi, il est important de ne pas simplement s’attarder à l’inclusion des deux sexes en science, mais également à l’analyse comparative entre ceux-ci.
Les raisons qui sous-tendent le biais sexuel
La sous-représentation des femmes a principalement été motivée par les fluctuations des hormones sexuelles au cours du cycle menstruel entraînant une variabilité accrue. Cet argument met en lumière une complexité plus grande lors de l’interprétation des résultats lorsque les variations hormonales des femmes sont prises en compte, mais reste néanmoins essentiel pour que la recherche bénéficie aux femmes.
L’attention scientifique accordée aux sujets concernant les femmes est toutefois de plus en plus grande, permettant de mettre en lumière des phénomènes jadis inconnus ou méconnus tels que la modulation des comportements anxieux par les hormones sexuelles.
Qu’est-ce que le sexe biologique ?
Le sexe est défini selon plusieurs caractéristiques biologiques, telles que les chromosomes, l’expression des gènes, les niveaux d’hormones sexuelles et l’anatomie du système reproducteur. Dans notre société, le sexe est défini en fonction d’une catégorisation binaire, soit « femme » ou « homme ». Cependant, la diversité de la biologie humaine ne se limite pas strictement à ces deux catégories, car il existe de multiples variations en ce qui concerne la combinaison des chromosomes, la configuration des organes génitaux, ainsi que les niveaux d’hormones sexuelles. Le terme « intersexualité » est un terme parapluie faisant référence à toutes les variations possibles du sexe. Le sexe biologique est associé à de nombreuses conditions de santé mentale, mais il demeure important de ne pas négliger les aspects liés au genre.

Au-delà du sexe : le genre
Le genre est une construction sociale qui renvoie aux rôles, comportements, expressions et identités que l’on associe aux hommes, aux femmes, aux filles, aux garçons et aux personnes de divers sexes. Le genre est un continuum d’auto-identification généralement conceptualisé comme ayant deux pôles, à savoir le masculin et le féminin. Cependant, il est important de noter que toutes nuances entre ces deux pôles ou à l’extérieur de ceux-ci demeurent également possibles et légitimes. L’identité de genre n’est ni binaire ni statique : elle peut évoluer au fil du temps. Pour plus d’informations sur les notions liées au genre, nous vous invitons à consulter le site web du laboratoire CÉSAR, dirigé par Dr Robert-Paul Juster.
Les hormones sexuelles, c’est quoi ?
Les hormones sexuelles sont de petites substances chimiques qui transmettent des messages dans le corps. Elles se divisent en trois principales catégories : les androgènes, les estrogènes et la progestérone. Les androgènes, dont le plus connu est la testostérone, servent notamment à favoriser l’apparition de caractéristiques sexuelles secondaires masculines (p. ex., mue de la voix, pilosité) et la formation des spermatozoïdes. Quant à l’estradiol, l’estrogène le plus abondant et le plus important, son rôle est notamment de réguler le cycle menstruel, de favoriser le développement des caractéristiques sexuelles secondaires féminines (p. ex., seins) et de distribuer les graisses sur le corps. Finalement, la progestérone est principalement impliquée dans le maintien de la grossesse.

De façon intéressante, c’est à partir de la testostérone que l’estradiol est produit. C’est une enzyme, appelée aromatase, qui est responsable de convertir la testostérone en estradiol. Comme les femmes ont des taux d’aromatase plus élevés que les hommes, leur profil d’hormones se caractérise par des niveaux d’estradiol généralement plus élevés que ceux des hommes, et des niveaux de testostérone plus faibles. Par ailleurs, la progestérone est aussi plus prévalente chez les femmes.
Les hormones sexuelles peuvent être quantifiées de plusieurs manières. À ce jour, elles sont principalement mesurées dans le sang, la salive et l’urine. Cependant, il est aussi possible de les mesurer dans les cheveux et bientôt dans les ongles.
La production des hormones sexuelles
Les hormones sexuelles sont le produit final d’un système appelé l’axe hypothalamo-pituito-gonadique (axe HPG). Les gonades (testicules chez l’homme, ovaires chez la femme) produisent des androgènes, des estrogènes et de la progestérone afin d’en augmenter les niveaux. Les hormones sexuelles accèdent au cerveau pour moduler l’activité de l’axe HPG et également influencer les fonctions cognitives régies par différentes régions. Pendant l’enfance, l’axe HPG est pratiquement dormant. C’est avec l’arrivée de la puberté que ce système s’active, ce qui mène ultimement aux changements corporels et psychologiques qui caractérisent cette période.
Le cycle menstruel
Le cycle menstruel typique dure 28 jours, mais seulement 15% des femmes ont un cycle de cette durée. En pratique, la plupart des femmes ont un cycle menstruel d’une durée se situant entre 21 et 35 jours. Le cycle menstruel se divise en deux phases : la phase folliculaire (jour 1 à 14 environ) et la phase lutéale (jour 15 à 28). La phase lutéale a une durée fixe de 14 jours. Ainsi, un cycle de plus ou moins 28 jours varie principalement quant à la durée de la phase folliculaire. Un nouveau cycle est initié lors du premier jour des menstruations. Les premiers jours du cycle correspondent donc aux menstruations ou à la phase folliculaire précoce. Cette période correspond au moment du cycle où les hormones sexuelles prépondérantes chez la femme (estradiol, progestérone) atteignent leur concentration la plus basse. Correspondant à la fin de la phase folliculaire, la phase préovulatoire est caractérisée par des niveaux de progestérone qui demeurent bas et des niveaux d’estradiol qui augmentent drastiquement pour atteindre leur point le plus élevé vers le 14e jour du cycle. Après l’ovulation commence la phase lutéale, caractérisée par des niveaux relativement élevés d’estradiol et de progestérone. À l’approche du début du nouveau cycle, les niveaux d’estradiol et de progestérone de la femme dont l’ovule est non fécondé retournent abruptement à leur point le plus bas.
Chez les hommes, la production d’hormones sexuelles est relativement stable, malgré de petites fluctuations. En contrepartie, chez les femmes préménopausées, la production d’hormones sexuelles subit d’importantes variations selon le cycle menstruel.
Les hormones sexuelles et leur influence sur le cerveau
Les hormones sexuelles ont la capacité d’accéder au cerveau. Elles sont connues pour exercer leurs actions à travers l’entièreté du cerveau, dont les régions impliquées dans les fonctions cognitives et les processus émotionnels. D’ailleurs, les recherches ont montré une forte densité de récepteurs d’hormones sexuelles au sein des régions suivantes, entre autres :
- Amygdale : Une structure nécessaire à la détection de menace et aux réponses émotionnelles,
- Hippocampe : Une structure nécessaire à l’apprentissage et la mémoire,
- Cortex préfrontal : Une structure importante à la régulation émotionnelle et aux fonctions cognitives de haut niveau.
Les hormones sexuelles peuvent ainsi affecter le fonctionnement et l’anatomie de ces régions. Fait intéressant, plusieurs études ont montré que les fluctuations hormonales au cours du cycle menstruel permettent de remodeler la morphologie du cerveau. En effet, l’estradiol, l’estrogène le plus influent chez la femme préménopausée, est lié à un volume plus important de l’hippocampe. Ce faisant, les femmes en période ovulatoire, lorsque les niveaux d’estradiol sont à leur apogée, ont des hippocampes plus larges que celles en période de menstruations ou en phase lutéale, périodes lors desquelles les niveaux d’estradiol sont plus bas.
Le syndrome prémenstruel : mythe ou réalité ?
Le syndrome prémenstruel est caractérisé par des symptômes psychologiques (par ex., anxiété, humeur dépressive, changements d’humeur, d’appétit et de libido) et physiques (par ex., fatigue, maux de tête, prise de poids). Ces symptômes apparaissent durant la phase lutéale du cycle menstruel et disparaissent durant les premiers jours des menstruations. Les symptômes du syndrome prémenstruel touchent entre 30 et 40% des femmes ayant un cycle menstruel.

Les causes du syndrome prémenstruel sont encore méconnues à ce jour. Parmi les théories prédominantes, l’hypothèse que les femmes vivant des symptômes prémenstruels soient hypersensibles aux variations hormonales normales a été soulevée. Par ailleurs, il a été proposé que l’estradiol et la progestérone pourraient moduler les niveaux de sérotonine, une substance chimique essentielle à la régulation de l’humeur.
Dans tous les cas, le syndrome prémenstruel semble être intrinsèquement lié au cycle menstruel. En effet, ses manifestations sont absentes avant la puberté et après la ménopause, périodes lors desquelles les femmes n’ont pas de cycle menstruel. De plus, la prise de médicaments qui abolissent le cycle menstruel (par ex., la pilule contraceptive) conduit à une amélioration des symptômes prémenstruels.
Le syndrome prémenstruel demeure toutefois un enjeu sous-étudié. En effet, cinq fois plus d’études se sont penchées sur les dysfonctions érectiles, qui atteignent pourtant moins d’hommes que les symptômes prémenstruels touchent de femmes.
La ménopause
La ménopause correspond à la période qui suit l’arrêt naturel des menstruations en raison du vieillissement. Elle survient à un âge moyen de 52 ans dans les pays occidentaux. Pendant les années qui précèdent la ménopause (appelées périménopause), les niveaux d’estrogènes et de progestérone sont très changeants. Ces importantes variations hormonales sont liées à des fluctuations de l’humeur, à des bouffées de chaleur, à des migraines et à une sensibilité mammaire.

Éventuellement, les ovaires cessent de produire les estrogènes et la progestérone, ce qui abolit le cycle menstruel et, ainsi, les menstruations et la fertilité.
Comme les hormones sexuelles jouent de nombreux rôles dans le corps, la ménopause est associée à une atrophie des organes génitaux, à une peau asséchée et moins élastique, à une densité osseuse diminuée et à des taux de mauvais cholestérol augmentés.
Contraception hormonale : pourquoi en utiliser ?
La contraception hormonale est principalement utilisée afin de prévenir les grossesses non désirées. Cependant, elle trouve également des applications dans de multiples autres contextes préventifs qui concernent la santé des femmes. Tout d’abord, l’utilisation de la pilule contraceptive permet d’atténuer le syndrome prémenstruel ainsi que les douleurs menstruelles. La pilule contraceptive agit aussi sur le flot des menstruations ainsi que sur la régularisation du cycle menstruel. En outre, il convient de noter que certaines personnes choisissent d’utiliser la pilule contraceptive dans le but de diminuer la prévalence de l’acné cutanée.

Plusieurs méthodes de contraception hormonales sont actuellement commercialisées, dont la pilule contraceptive, le dispositif intra-utérin hormonal (stérilet hormonal), l’anneau vaginal, le timbre contraceptif, l’implant sous-cutané et l’injection intramusculaire. Bien que ces méthodes soient très efficaces pour prévenir les grossesses non désirées, elles ne protègent pas contre les maladies transmises sexuellement.
La pilule contraceptive
La pilule contraceptive peut être composée soit d’une combinaison d’estrogènes et de progestatifs, soit uniquement de progestatifs. Elle empêche l’ovulation en simulant les hormones ovariennes. En effet, elle inhibe l’axe hypothalamo-pituito-gonadien, diminuant ainsi la production d’hormones sexuelles endogènes, ce qui empêche l’ovulation. Si les spermatozoïdes ne trouvent pas d’ovule à féconder, il n’y a pas de grossesse possible. La pilule contraceptive modifie également la paroi utérine et la glaire cervicale, qui est une muqueuse présente dans le col de l’utérus, qui peut empêcher l’accès des spermatozoïdes à l’utérus. Ainsi, l’implantation de l’ovule devient plus difficile.
Différences hommes/femmes en santé mentale
Les troubles affectifs tels que l’anxiété et la dépression sont disproportionnellement prévalents chez les femmes. En effet, les femmes présentent 2 fois plus de risque de se faire diagnostiquer un trouble anxieux et/ou dépressif que les hommes, et ce, dès l’adolescence. C’est également le cas pour le trouble de stress post-traumatique. En effet, la prévalence à vie du trouble de stress post-traumatique chez les femmes se situe entre 10-12%, alors qu’elle se situe entre 5-6% pour les hommes.
Règle générale, les hommes et les femmes sont assujettis à différents types de traumatismes, mais les femmes sont plus susceptibles d’être exposées à des traumatismes à fort impact, tels que les agressions sexuelles, dès leur jeune âge. Sachant cela, il apparaît important d’étudier quels sont les facteurs liés au sexe biologique et/ou au genre pour mieux comprendre cette disparité entre les hommes et les femmes.

Effets possibles de la contraception hormonale sur la santé mentale
L’impact de l’utilisation de la pilule contraceptive sur la santé mentale des femmes a fait l’objet de controverses depuis son introduction sur le marché dans les années 60. À l’heure actuelle, plusieurs données suggèrent que les estrogènes et la progestérone, les hormones contenues dans la pilule contraceptive, ont une influence sur les fonctions cognitives. Cela pourrait potentiellement expliquer les nombreuses plaintes concernant les fluctuations négatives de l’humeur ainsi que les tendances dépressives répertoriées chez les utilisatrices de la pilule contraceptive. En effet, l’une des raisons principales de l’arrêt de l’usage de la pilule contraceptive concerne la hausse des symptômes dépressifs observés par les utilisatrices.
Plusieurs études ont récemment mis en évidence une influence significative de l’utilisation de la pilule contraceptive sur le développement subséquent de problèmes de santé mentale tels que la dépression. Une étude menée au Danemark a aussi démontré que l’emploi de la contraception hormonale, spécifiquement chez les jeunes, est lié à l’administration ultérieure d’antidépresseurs et à l’apparition d’un premier diagnostic de dépression. Ces observations suggèrent que la dépression pourrait être un effet secondaire potentiel de la contraception hormonale. Cependant, le mécanisme exact qui sous-tend cette influence reste à élucider. Il est essentiel de mener plus de travaux de recherche sur la pilule contraceptive afin de permettre aux femmes de prendre des décisions éclairées en matière de contraception et de préserver leur santé mentale.
Quelles sont les conséquences psychologiques liées au cancer du sein?
Depuis de nombreuses années, le cancer du sein se distingue par ses statistiques. Dans l’ensemble, les statistiques récentes et les pronostics suggèrent que l’impact mondial du cancer du sein et de la mortalité associée est en augmentation. Le cancer du sein est également reconnu comme la principale cause de mortalité chez les femmes dans la plupart des pays occidentaux. En effet, 99% des diagnostics sont donnés à des femmes alors que seulement 1% de ceux-ci sont donnés à des hommes. D’un point de vue plus optimiste, il est à noter que les taux de rémission, soit le rétablissement à la suite des traitements de cancer, ont noté une augmentation allant jusqu’à 96% chez les femmes en Amérique du Nord dans les dernières années.
Le taux élevé de rémission atteste de l’importance de s’intéresser au bien-être et à la santé mentale des patientes atteintes d’un cancer du sein. En ce sens, malgré une meilleure compréhension et prise en charge de cette maladie, le cancer du sein reste un problème de santé publique prédominant dans le monde, appuyant l’importance de l’étudier. Les sections suivantes fournissent davantage d’informations sur le moment de l’annonce d’un diagnostic de cancer du sein et ses répercussions sur la santé mentale des patientes.

L’importance du moment du diagnostic
L’annonce des résultats aux tests de dépistage équivaut au diagnostic officiel de cancer du sein. Plus précisément, 1 femme sur 3 recevra un diagnostic positif, ce qui signifie qu’il y a présence d’une ou de plusieurs tumeurs cancérigènes et que, dans la plupart des cas, des traitements seront nécessaires. À l’opposé, 2 femmes sur 3 recevront un diagnostic négatif, ce qui signifie que la masse repérée durant les tests de dépistages n’est pas cancéreuse ou dangereuse, donc qu’il n’y a pas présence de cancer.
Les survivantes du cancer du sein rapportent que le moment où elles ont reçu leur diagnostic positif de cancer du sein est celui qui leur a provoqué le plus de détresse psychologique (pouvant inclure les symptômes anxieux, dépressifs et de trouble de stress post-traumatique). La détresse psychologique sévère est associée à une détérioration de la qualité de vie, à des traitements (chimiothérapie/radiothérapie) moins efficaces, à moins de satisfaction à l’égard des soins reçus et, dans certains cas, cela peut réduire les chances de survie au cancer.
Actuellement, il y a peu ou pas d’études scientifiques portant sur la détresse psychologique vécue par les patientes qui ont reçu un diagnostic négatif de cancer du sein. Le moment du diagnostic est donc un moment clé pour mobiliser des services d’aide psychologique aux patientes afin d’éviter qu’elles vivent les conséquences associées à la détresse psychologique.
La détresse psychologique liée à un diagnostic négatif
Une absence de cancer ne signifie pas une absence de détresse psychologique. Les patientes ayant reçu un diagnostic négatif ont tout de même vécu le stress de la phase de dépistage ainsi que la peur de perdre la santé. En effet, les femmes qui présentent des niveaux élevés de détresse durant cette phase peuvent avoir une crainte du cancer du sein, ce qui peut avoir un impact sur leur comportement jusqu’à huit mois après le diagnostic négatif.
Parmi ces symptômes de détresse, on retrouve notamment la peur que la tumeur non dangereuse devienne éventuellement cancéreuse, un autoexamen des seins répétitif, la recherche d’un deuxième avis provenant d’un autre professionnel de la santé ainsi que la prise de plus de rendez-vous de mammographie. C’est pourquoi il est aussi important d’étudier la détresse psychologique chez les patientes ayant reçu un diagnostic négatif de cancer du sein que chez celles qui ont reçu un diagnostic positif.
Répercussions de la détresse psychologique chez les patientes
La détresse psychologique réfère à tout élément qui diminuerait la capacité d’une patiente à faire face au cancer, à ses symptômes et à ses traitements de manière efficace. Ainsi, sa présence a des répercussions directes sur le rétablissement et le bien-être des patientes. Cela signifie que le fait de ne pas intervenir afin de traiter la détresse psychologique vécue par les patientes peut nuire au combat pour évincer leur cancer.
C’est pourquoi il est important d’étudier les éléments biopsychosociaux qui aideraient à cibler les patientes atteintes d’un cancer du sein à risque de vivre de la détresse psychologique et ainsi d’éviter qu’elles vivent les conséquences associées à une moins bonne santé mentale.
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