Projet Anxiété chez l’enfant

Lien entre les facteurs socio-émotionnels, hormonaux, cognitifs et environnementaux de l’anxiété chez l’enfant

Au Canada, 20% de la population souffre d’au moins un trouble anxieux (p. ex.: anxiété généralisée, anxiété sociale), avec une prévalence croissante et une plus grande vulnérabilité chez les adolescentes. L’anxiété est associée à une dérégulation (c’est-à-dire, un fonctionnement non-typique) de la façon dont notre système de stress produit du cortisol (une importante hormone de stress) lorsqu’on fait face à de l’information émotionnelle (p. ex: une situation qui génère l’anxiété).

À ce stade, il n’est pas établi si ces dérégulations se manifestent après l’apparition de la pathologie (p. ex.: trouble anxieux) ou si elles peuvent également être détectées chez les enfants en bonne santé. Si cette dernière hypothèse est vrai, cela pourrait fournir des informations sur la vulnérabilité des enfants à développer un trouble anxieux. La personnalité et l’environnement, notamment la santé psychologique des parents, les styles éducatifs et l’attachement parent-enfant, influencent cette vulnérabilité.

OBJECTIFS DE RECHERCHE

  1. Examiner si la vulnérabilité à l’anxiété est associée à la réactivité de notre système de stress qui produit le cortisol (hormone de stress) et une dérégulation du traitement des informations émotionnelles.
  2. Évaluer si les facteurs environnementaux mentionnés ci-haut sont associés à des dérégulations de cortisol et cognitives.
  3. Évaluer si ces facteurs peuvent nous permettre de comprendre l’évolution des symptômes anxieux à travers le temps (sur une période de deux ans). Pour ce faire, 114 enfants et leurs parents ont participé à ce projet. 

CONTRIBUTIONS

L’adolescence, marquée par des changements psychologiques, hormonaux et cérébraux, est une période critique pour le développement des troubles anxieux. Notre étude a révélé des profils psychologiques et hormonaux associés à l’anxiété clinique chez des enfants en bonne santé. De plus, ces profils étaient influencés par le sexe et la vulnérabilité psychologique à l’anxiété. Ces découvertes pourraient faciliter la détection précoce des enfants à risque. Une fois les mécanismes de la pathologie mieux compris, des recherches plus vastes et le développement de traitements préventifs pour les individus à risque seront nécessaires.

Résultats de l’étude

La vulnérabilité socio-émotionnelle (telle que mesuré par divers traits de personnalité) était associée à une réactivité accrue du système de stress chez les garçons. 

Comparativement aux garçons et sans égard à leur vulnérabilité psychologique à l’anxiété, les filles ont aussi rapporté plus d’anxiété lorsqu’exposées au stresseur en laboratoire. 

Ces résultats indiquent que le système de stress des garçons sains (qui avaient un haut niveau de vulnérabilité à l’anxiété) répond similairement à celui des personnes anxieuses.

Pour approfondir votre lecture

Consulter l’article scientifique (disponible en anglais seulement).

ÉTUDIANTES IMPLIQUÉES